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Mount to Coast Corentin Play

La Ville du Jeu

Comment Corentin Play a écrit 120 km d'histoire à Paris

Texte : Andy Waterman

Photos : Cime Studio, Enzo Coulange

Fin mars, l'athlète français Mount to Coast Corentin Play a remporté l'EcoTrail Paris 120 km, franchissant la ligne d'arrivée en solitaire sous la Tour Eiffel. Une fois les célébrations terminées, nous avons pris le temps de retrouver Corentin pour en savoir plus sur sa victoire et sur ses projets pour le reste de l'année 2026.

Q1 : Félicitations pour ta victoire à Paris. Pour un ultratraileur français, gagner sous la Tour Eiffel, c'est sans doute ce qui se rapproche le plus d'une arrivée en solitaire à l'Alpe d'Huez ou d'une victoire à Roland-Garros — c'est simplement d'une autre dimension par rapport à ce qu'on connaît dans l'ultra. Qu'est-ce que ça fait de remporter une si grande course sur une si grande scène ?

CP : Gagner à Paris, juste sous la Tour Eiffel, m'a apporté beaucoup de joie, de satisfaction et un sentiment de sérénité, parce que ça confirme que mon niveau progresse régulièrement. Remporter une grande course nationale est incroyablement encourageant, car je sais que je suis encore loin de mon plein potentiel en ultra-trail.

Q2 : Et comment ça s'est passé depuis ? Tu as eu beaucoup de visibilité suite à cette victoire ?

CP : Mes différents sponsors, et Mount to Coast en particulier, ont assuré un maximum de visibilité autour de cette victoire, mais il faut savoir tourner la page rapidement pour se concentrer sur le prochain objectif de la saison. Il s'agit de prendre du recul et de travailler dans l'ombre pour espérer briller à nouveau.

Mount to Coast Corentin Play

Q3 : Tu avais une avance conséquente sur le deuxième. À quel moment as-tu décroché ? 120 km, c'est long — à quel moment as-tu commencé à souffler et à te dire « ça y est, c'est pour moi » ?

CP : Je me suis détaché au km 16 grâce à un ravitaillement éclair géré avec ma femme. Ça m'a permis de créer un écart dès le début de la course, que j'ai ensuite creusé jusqu'à la Tour Eiffel. Je ne me suis dit que c'était gagné qu'à partir des 8 derniers kilomètres, sur les quais de Paris, parce que tout peut arriver jusqu'à la toute fin d'une course. Je savais que mon poursuivant était à environ 15 minutes derrière, mais je savais aussi qu'il ne lâcherait rien jusqu'à l'arrivée !

Q4 : Ces derniers kilomètres en ville avaient l'air bien animés sur le live — beaucoup de touristes, des volées de marches, etc. — tu as quand même pu savourer l'expérience ?

CP : Malgré les rattrapages de coureurs issus des différentes distances en chemin, les parcours étaient magnifiques, les châteaux somptueux, et finir sous la Tour Eiffel est véritablement une expérience unique dans le monde du trail running.

Mount to Coast Corentin Play

Q5 : Je crois savoir que tu es pompier et père de jeunes enfants. L'entraînement doit donc être assez réactif, non ? S'entraîner dur quand les enfants ont passé une nuit agitée, ça peut vite être contre-productif — et ça doit être encore plus compliqué après une nuit de garde chargée. À quel point toi et ton coach devez-vous faire preuve de créativité pour jongler entre toutes ces responsabilités et la préparation à des ultramarathons ?

CP : Mon profil est un peu atypique puisque je suis père de trois enfants (4 mois, 1 an et demi, et 3 ans), mais aussi officier de sapeurs-pompiers et ultra-traileur. Mon entraînement repose sur une adaptation constante, car je ne sais jamais si je vais dormir 2 ou 6 heures. J'écoute très attentivement mon corps et mes sensations ; c'est ce qui me guide au quotidien. Être père, c'est aussi une force, parce que le trail me permet de partager de nombreux beaux moments avec mes enfants. Je peux également transmettre beaucoup de valeurs à travers ce sport, ce qui donne un sens profond à ma pratique sportive.

Q6 : Tu as visiblement réalisé un bon hiver pour arriver en mars dans une telle forme. À quoi ressemble ta préparation hivernale ? Uniquement de la course à pied, ou beaucoup d'entraînement croisé également ?

CP : L'hiver a effectivement été bon, axé essentiellement sur la course à pied et la musculation. J'ai enchaîné des semaines à 170 km en plus de deux séances de salle. Je pense avoir construit une base solide qui devrait me permettre de réaliser une grande saison 2026.

Mount to Coast Corentin Play

Q7 : Quoi qu'il arrive, tu retiendras 2026 comme une belle année. Maintenant que tu as une grande victoire à ton palmarès, est-ce que tu revois tes plans pour la suite de la saison ? Qu'est-ce que tu aimerais encore accomplir ?

CP : La feuille de route reste la même. L'objectif est de performer tout au long d'une saison d'ultra-trail et de découvrir le format 100 miles à l'UTMB. Je serai donc au départ du 110 km d'Alsace by UTMB, du 120 km de la Lavaredo, et de l'UTMB lui-même.